Couleurs

Mes couleurs intérieures...mes coups de gueule, de blues, de coeur...sortir de ma coquille...

23 février 2008

Notre quotidien

Notre quotidien à Coeur et moi est bien résumé ci dessous. j'ai trouvé un article dans Paris match sur les services de réanimation de bébés prématurés et j'ai choisi quelques extraits (les moins difficiles) qui résument PARFAITEMENT ce lieu où nous nous rendons chaque jour pour voir nos deux fils, nés beaucoup trop tôt. Yohan, Bastien, Je vous aime. Un jour, je vous expliquerai votre histoire, ce lieu... il le faudra bien !

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Ici, au début on n'entend rien, puis on découvre mille sonneries, commes des métronomes désaccordés qui se mettent en branle les uns pardessus les autres. Les écrans ont des oreilles de nounours. Mais les alarmes ne font rire personne.

Dans ces salles de réanimation, où ils sont regroupés par 4 ou 6, des moments d'intimité se construisent. Par un trou dans le berceau, comme un trou dans une serrure, une femme caresse des doigts si fins qu'elle a peur de les briser. Elle attend. Il lui semble que l'enfant naîtra pour de vrai quand il ouvrira les yeux. Elle voudrait ne pas rater ce moment là. Mais elle n'ose pas s'imposer. Devant les infirmières, si expertes, aux gestes si précis, elle craint de mal faire. Il faut l'encourager, lui dire qu'elle est irremplaçable. Son odeur, sa chaleur, le doudou qu'elle a apporté après l'avoir couché contre sa peau et qu'on a placé contre l'enfant dans le berceau... presque sa présence. Parfois, des femmes se sentent coupables de n'avoir pas su protéger le bébé, dans leur ventre. Et elles pleurent.

Heureusement, pour tenir, il y a la promesse de l'instant où, enfin, elles pourront les prendre contre elles, où elles fermeront les yeux en les écoutant dormir. Une caresse pour réparer l'arrachement.

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Un jour, les parents trouvent leur bébé extubé. Ils crient victoire. Le lendemain, il y a de nouveau le respirateur et c'est l'abattement. Mais cette insupportable tuyauterie, il faut apprendre à l'aimer. Elle est l'instrument de survie.

Ici la vie est incertitude, et elle est miracle. Un soir, une femme se présente au sas d'entrée. Elle apprend que son bébé est passé en secteur pédiatrique. "en élévage", dans le langage familier des infirmières. Et elle rit, mains jointes dans une prière muette. Le cauchemar est terminé. Il faudra justre apprendre à oublier, apprendre à vivre sans l'angoisse.

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Les parents aussi passent par le nettoyage. Une minute au minimum pour se laver les mains, ne pas oublier les ongles, les interstices entre les doigts, descendre jusqu'au coudes, se sécher à la serviette en papier. Puis se frictionner au désinfectant. Une blouse jetable par enfant. On passe un bonnet, un masque. On ressemble à des robots sans peau ni cheveux. Mais un doigt d'enfant se ferme sur le gant de caoutchouc et c'est toute l'humanité qui se réveille.

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Les tuyaux, les écrans, tous les accessoires de la science disparaissent, oubliés. Reste la ruche où des hommes, des femmes veillent, tout au long d'une journée qui se confond avec la nuit, comme le ciel se mêle à la mer. Et tout recommence toutes les 3 heures, à chaque séance de soins. Le temps passe sans autre nécessité que de protéger la vie et l'espoir.

Posté par MELOUNE92 à 23:38 - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 février 2008

Lettre à belle-maman

Chère Belle Maman,

Ton fils et moi vivons une des périodes trés difficiles de notre vie. Je te rappelle que l'on m'a dépossédée de mes bébés bien avant l'heure une première fois en me les enlevant de mon ventre sans que je ne sois prête puis on nous les a enlevé une seconde fois pour les amener aux soins intensifs de béclère. J'en conviens, tout ceci n'est que pour la bonne cause, pour leur bien-être, évidemment... seulement c'est dure à vivre, nous avons la peur au ventre pour leur santé, nous sommes séparés d'eux et c'est cruel !

Par conséquent j'aimerais que tu arrêtes de me casser les pieds (pour être polie) avec les éventuels ressemblances des bébés avec ton cher et tendre fils... il me semble que toutes ces superficialités n'ont pas lieu d'être en de pareilles circonstances et cela devient vraisemblablement une véritable obsession chez toi. Et, cela me montre à quel point, tu es bien loin de comprendre notre ressenti en ce moment même. Il semblerait également, vue ton insistance que si par malheur, les bébés ressemblaient à leur maman (en locurence à ta belle fille... à moi quoi !) cela serait pour toi un drame énorrrrrrmmmme ! Mon dieu, belle maman... je peste à chacun de tes conseils à la noix "surtout, Armelle, il ne faut pas craquer, tu ne peux pas, tu dois être forte, tu dois être comme ci ou tu dois être comme cela !!!"... et bien, belle maman voici ma réponse "JE TE MERDE !".

J'espère que tu ne prendras pas mal ce courrier :-)

Ta belle fille

Posté par MELOUNE92 à 20:29 - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 février 2008

Quand le destin s'acharne !

5 février 16h00 : avant dernière échographie (j'attaque mon 8ème mois de grossesse) : il y a un problème, mon bébé de droite n'a pas beaucoup grandi en 1 mois comparativement à celui de gauche qui annonce une évolution normale (première grosse claque !).

16h30 : L'échographiste appelle immédiatement mon gynéco et ils décident de m'hospitaliser au moins 3 jours d'urgence pour plusieurs examens (deuxième claque !).

17h00 : On m'installe dans ma chambre, prise de sang (rien d'anormal !), tension (rien d'anormal), urine (rien d'anormal !)... et puis, une sage femme vient écouter les bébés avec son monitoring.

17h30 : le verdict tombe : mon bébé de droite est en souffrance respiratoire et supporte trés mal la moindre minuscule contraction (troisième grosse claque !). grande discussion entre les professionnels médicaux...

18h : on m'annonce que l'on déclenche immédiatement l'accouchement par césarienne (quatrième claque !) afin de sauver mon bébé de droite.

18h30 : rencontre avec l'anesthésiste, le chirurgien, la pédiatre, on m'explique ce qui va se passer et comment, et pourquoi, on avertit le SMUR de l'hôpital de Béclère où mes deux petits bouts vont être immédiatement transportés pour être assistés médicalement par des spécialistes. on me demande les prénoms souhaités de mes bébés. On m'opère, Coeur est là, prêt de moi... 20h40, ils sortent yohan (bébé de gauche) de mon ventre, il crie, je l'embrasse et on me l'enlève immédiatement (cinquième claque !).

20h41 : ils sortent Bastien (mon bébé de droite) et l'emmène sans que je n'ai pu le voir (sixième claque).

Plus tard : je sors du bloc opératoire. Au bout d'un long moment on m'amène mes deux petits dans une couveuse avant qu'ils ne soient transférés à Bèclère. je les touche, je les aime déjà trés fort et au bout de 5 petites minuscules minutes, ils s'en vont avec mes bébés... (septième claque !).

Un peu plus tard encore : le service médical s'apperçoit que je fais des complications post-opératoires accompagnées de malaises. Ils me garderont toute la nuit en surveillance (huitième claque).

Je ne pourrai aller voir mes bébés que trois longs jours plus tard (neuvième claque) compte tenu de mon état anémique et de l'opération. Je vous passe tous les détails de mon ressenti, car ceci, je vous l'assure est une épreuve que je ne souhaite à personne...

Actuellement mes bébés vont bien et sont sous surveillance 24h/24h, ils ne rentreront à la maison que dans deux longs mois (dixième claque!). les voir dans ces couveuses inondées de tuyaux et d'appareils est cauchemardesque, je vous l'assure. J'ai tellement envie de les prendre dans mes bras et les rassurer !

J'ai l'estomac retourné, c'est dur, trés dur, je viens de rentrer à la maison aujourd'hui sans mes bébés ni avec moi dans un couffin, ni dans mon ventre, ils me manquent terriblement... Je ne sais pas pourquoi la vie fait-elle ça ? mais, putain de vie, si tu veux la guerre tu vas l'avoir, parce que moi, je compte bien affronter tout ce que tu vas mettre sur ma route, ABSOLUMENT TOUT, TU ENTENDS !!!!

Bastien et yohan, on vous aime tellement !

Posté par MELOUNE92 à 20:45 - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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